Louis Pasteur (1822-1895)

image095Le personnage

Considéré comme l’un des pères de la microbiologie, le scientifique Louis Pasteur a, par ses recherches, fait avancer la science et la médecine. Sa découverte du vaccin contre la rage représente un tournant pour le monde scientifique français. Il s’est également penché, au cours de sa carrière, sur de nombreux autres domaines, tels que la fermentation et le développement scientifique de la vaccination.

 

Le 27 décembre 1822, Louis Pasteur voit le jour à Dole, dans le Jura. Toutefois, seulement cinq ans plus tard, ses parents s’installent dans la petite ville d’Arbois. C’est là qu’il passe son enfance et sa scolarité. Très tôt, il fait preuve d’un vif intérêt pour les leçons qui lui sont enseignées et ses capacités intellectuelles ravissent tous ses professeurs. Après des études au collège de Besançon, Pasteur espère intégrer l’Ecole Normale Supérieur de Paris.

 

La tâche est rude, mais quelques années de préparation lui permettent d’atteindre son objectif et de se consacrer pleinement à la chimie et à la physique. Son attention se fixe plus particulièrement sur la cristallographie, qui devient le sujet de sa thèse. Ainsi, il pose les fondements de la stéréochimie. Couronné de succès, il obtient un poste de professeur à Dijon. Il enseigne par la suite à Strasbourg avant d’être nommé doyen et professeur de chimie à la nouvelle université de sciences, à Lille.

 

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il entame des recherches sur le processus de fermentation et fait une découverte de grande ampleur : il prouve que les levures sont des micro-organismes responsables du phénomène. Il montre également que l’acidité du vin est causée par certaines bactéries. En 1857, le poste d’administrateur de l’École normale supérieure lui est proposé. Sans hésiter, il quitte Lille pour Paris.

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Zone de Texte: Pasteur dans son laboratoire.
Peinture de A. Edelfelde en 1885.
Passionné et déterminé, il pousse encore plus loin ses recherches. Celles-ci l’amènent à la conclusion que la théorie de génération spontanée ne peut s’appliquer au phénomène de fermentation. Il pense en effet que les micro-organismes qui en sont la cause possèdent une origine concrète et ne naissent donc pas de manière spontanée. La controverse avec Félix Archimède Pouchet naît et s’intensifie. Elle se clôt plusieurs années après, en 1864, lorsque Pasteur prouve la véracité de ses propos lors d’une conférence à la Sorbonne. Durant cette période, où il poursuit toujours ses études sur l’acidité du vin et de la bière, il met au point la méthode de pasteurisation.

 

Très impliqué dans ses recherches, il fait preuve d’un autoritarisme mal accepté. Il voit alors son poste supprimé et se rend à Alès, en 1865. Il y étudie les causes de la pébrine, maladie des vers à soie qui devient de plus en plus inquiétante pour les producteurs français. Durant quatre années, il s’efforce de trouver le moyen de mettre fin à l’épidémie avant qu’elle ne détruise l’industrie française de la soie. Il découvre finalement le caractère héréditaire de la maladie et met ainsi au point un système pour empêcher qu’elle ne se propage. Dès lors, Pasteur concentre toute son attention sur les maladies infectieuses.

Affecté par la maladie et l’abdication de Napoléon III, il n’en poursuit pas moins ses travaux. Il se consacre notamment à l’étude de la bière, comme pour clore ses recherches sur la fermentation. Après la publication de son ouvrage l’Études sur la bière et les conseils aux brasseurs, il tente d’entrer en politique. Bien qu’étant un homme impliqué et investi, sa candidature aux élections sénatoriales se conclut par un échec. La politique ne lui réussissant pas, il l’abandonne pour se pencher sur les travaux de Robert Koch. Après sa découverte du staphylocoque, son intérêt pour les maladies infectieuses, les épidémies et les contagions redouble d’intensité.

 

Largement inspiré par ses recherches sur la fermentation, Pasteur est convaincu que les maladies infectieuses trouvent leurs origines dans des micro-organismes spécifiques. Il s’intéresse alors aux principales infections animales, à savoir le choléra des poules, le charbon des moutons et le rouget du porc. En collaboration avec Émile Roux, il découvre qu’après injection du microbe atténué du choléra aux poules, ces dernières n’attrapent pas la maladie. Elles finissent même par y résister. Il récidive donc sur un troupeau de mouton afin de les protéger du charbon. C’est une réussite, qui l’encourage à poursuivre sur cette voie.

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Louis Pasteur s’attaque également à la rage. Après quelques expériences sur la salive et les moelles épinières infectées, il conclut que la maladie se situe dans le système nerveux. Il finit par obtenir, non sans mal, une forme affaiblie du virus, et malgré le succès des inoculations sur l’animal, il redoute de l’utiliser sur l’homme. Mais lorsqu’un jeune alsacien mordu par un chien enragé frappe à la porte de son laboratoire, Pasteur prend le risque. L’enfant est sauvé.

 

De ce formidable succès naîtra l’institut Pasteur, inauguré en 1888 et dédié aux recherches contre la rage et autres maladies. Homme actif et énergique, il refuse de prendre sa retraite et dirigera l’institut jusqu’à son dernier souffle, qu’il expirera le 28 septembre 1895 à Villeneuve l'Etang,     Marne -la- Coquette. (Hauts-de-Seine).

 

À force de persévérance et de passion, Louis Pasteur s’est consacré à de nombreux domaines d’études scientifiques. Après avoir découvert les méthodes de conservation alimentaire, il s’est porté au secours des éleveurs français en contrant les pires maladies infectieuses animales. Parmi tous les services qu’il a rendus à la médecine, Louis Pasteur reste avant tout ancré dans les esprits comme le père du vaccin contre la rage.

 

 

 

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Son histoire avec la Seine-et-Marne

La maladie du charbon des moutons, le "Secret de Pouilly-le-Fort".

 

fort2Vers 1880, les troupeaux de moutons, de la région de Melun sont décimés par la maladie du charbon (appelée aujourd'hui anthrax, du Grec anthraxis = charbon) : les animaux sont fiévreux, leur sang devient incoagulable et noir et ils meurent d'une septicémie. D'autres animaux sont à leur tour atteints.

Le vétérinaire melunais Hippolyte Rossignol était au départ très critique sur les thèses de Pasteur.

Il propose néanmoins que sa ferme de Pouilly-le-Fort (aujourd'hui propriété municipale, le Clos Pasteur)  serve de terrain d'expérimentation à grande échelle de ce qui n'est encore qu'hypothèse du laboratoire de l'Ecole Vétérinaire d'Alfort. Le baron de La Rochette, président de la Société d'Agriculture de Melun, signe avec les organisateurs une convention précisant que :

 

1. La Société met à disposition de M. Pasteur 60 moutons;

2. Dix de ces moutons ne subiront aucun traitement;

3. On vaccinera 25 de ces moutons, en deux fois à 12 jours d'intervalle;

4. Après un nouveau délai de 12 jours, on inoculera à ces 25 moutons, et à 25 autres moutons non  vaccinés, le microbe du charbon dans sa forme virulente. On observera ensuite les résultats.

 

Le 5 mai 1881, pour démontrer sa théorie, Pasteur réalisa une expérience publique, à Pouilly-le-Fort, de vaccination de moutons contre la maladie du charbon Il commença par inoculer à vingt-cinq moutons ses bacilles atténués. Quelques jours après, il leur injecta une concentration particulièrement forte du bacille normal. Il injecta également cette solution à vingt-cinq moutons qui n'avaient subi aucun traitement préalable. Comme animaux témoins, il prit dix moutons auxquels il ne fit strictement rien.

800px-Louis_Pasteur_in_Pouilly-le-Fort_(Illustration_-_1881)Les moutons du premier groupe et les moutons témoins devaient survivre, tandis que ceux du deuxième groupe, non vaccinés, devaient tous mourir. Et de fait, c'est ce qui se passa. Encore une fois, Pasteur avait démontré le bien-fondé de ses théories grâce à une expérience spectaculaire et bien menée. Des expériences faites à Melun et à Chartres ayant donné des résultats indiscutables, bœufs et moutons sont bientôt vaccinés par milliers et la mortalité tombe de 10% à 1%.

Certains reprochent à Pasteur d'avoir induit le public scientifique en erreur quant à la façon exacte dont se déroulèrent les expériences sur la vaccination contre le charbon.

On parle à ce sujet du « Secret de Pouilly-le-Fort ».

 

 

Dès 1878, Chamberland participe avec Emile Roux et A. Vinsot à la campagne d'étude sur le mode d'infection des troupeaux par la bactérie charbonneuse, menée par Louis Pasteur. En 1880, Chamberland prend part aux expériences de vérification du vaccin anticharbonneux de Toussaint, et démontre que le vaccin n'est pas efficace.

Quelques jours avant la signature du protocole expérimental de Pouilly-le-Fort (décrite ci-dessus), Ch. Chamberland se livre avec Louis Pasteur à une expérience comparative.

Chacun prépare un vaccin anti-charbonneux, Pasteur traitant la culture microbienne par l'oxygène de l'air, Chamberland et Roux par un antiseptique, le bichromate de potassium. Le second vaccin s'avère être le plus efficace; Pasteur l'utilisera lors des expériences, couronnées de succès, de Pouilly-le-Fort.

Adrien Loir, neveu et ancien assistant-préparateur de Pasteur a raconté, dans des souvenirs publiés en 1937-1938, qu'en fait, au moment où Pasteur signa le protocole de l'expérience, le procédé d'atténuation par l'oxygène ne donnait pas satisfaction et que, finalement, Pasteur utilisa la méthode de Chamberland et Roux au bichromate de potassium.

ll est donc maintenant incontestable que le vaccin utilisé à Pouilly-le-Fort contre le charbon fut bien le vaccin atténué à l'aide de bichromate de potassium. Or, dans toutes les publications de Pasteur sur Pouilly-le-Fort, non seulement il n'est pas question du bichromate de potassium, mais Pasteur, sans affirmer formellement qu'on avait utilisé l'oxygène comme moyen d'atténuation, s'exprime de façon à le faire conclure au lecteur.

Des interprétations contradictoires sur l'attitude de Pasteur, ont été avancées par Geison et Cadeddu.

 

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L'événement de Pouilly le Fort fut immortalisé par une statue du sculpteur André d'Houdain aidé de l'architecte Lucien Virault, érigée en 1897 sur le boulevard Victor-Hugo à Melun. Cette statue comportant beaucoup de bronze fut fondue par l'occupant en 1943, pendant la 2e guerre mondiale.

 

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Il ne subsiste que la maquette, que l’on peut admirer dans le hall d'accueil de l’école-musée de Pouilly-le-Fort

 

 

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Une plaque située sur la façade nord de l’hôtel de ville de Melun commémore cet événement

 

 

Sources :

 Maison-école de Pouilly-le-Fort.

 Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Secret de Pouilly-le-Fort de Wikipédia en français (auteurs)